Abbaye St marie de Rieunette

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Voici une abbaye miraculée.

Elle date des environs de 1160. Elle fut, elle est toujours, une abbaye cistercienne de femmes. Mais commençons par le commencement. Bien que sa fondation ait été attribuée à tort -par Guillaume Besse, le premier historien de Carcassonne- à Simon de Montfort, on sait aujourd’hui que Ste Marie de Rieunette apparaît dans les textes dans l’année 1162. Elle devient assez vite une fondation des filles de Cîteaux, ordre crée lui-même en 1098. Sa situation au coeur du Val de Daigne, dans la partie la plus inhospitalière et la plus déserte sans doute des Corbières n’est pas sans surprendre. Son étymologie signifie sans doute " N-Dame du beau ruisseau ", " de rivo nitido " ou du ruisseau brillant. Quoiqu’il en soit, l’abbaye du clair ruisseau a connu dans le passé bien des jours sombres.

Blottie au coeur des forêts de chênes et de pins, à moins de 300 m d’altitude, Rieunette est un lieu qui inspire la paix et la méditation. Ce fut pourtant durant des siècles l’enjeu de batailles sordides entre les abbés de Villelongue qui en étaient les " abbés-pères " légitimes au nom de Cîteaux et les différentes abbesses qui entendaient gérer les biens temporels parfois fort importants de leur communauté. L’importance de cette maison est attestée entre autres par un petit détail : le fait qu’il y ait été conservé un rochet ayant appartenu à St Dominique en personne. Cet élément fait penser que l’abbaye dut avoir une place bien assise dans l’histoire des maisons religieuses du moyen-âge dans la région.

Au temps des guerres protestantes, vers 1528, les religieuses durent abandonner leur monastère pour se réfugier à Carcassonne de peur d’être attaquées par les seigneurs protestants des alentours. Du coup, le monastère étant vide les abbés de Villelongue en profitèrent pour tenter de " liquider le patrimoine des moniales disparues " et cela pour payer leur dîme de contribution à la couronne royale dans le cadre du financement de la guerre contre les Huguenots.

Après cent années d’abandon, Rieunette retrouve une communauté et une abbesse en la personne de Marie Cécile de Noé. Cette dernière, énergique et volontaire, met en demeure les moines de Villelongue de lui restituer les archives de son abbaye et ensuite leur demande des comptes. De procès en procès on en arrive à une atmosphère irrespirable dans la mesure où une grande partie des biens de l’abbaye ont été vendus depuis longtemps et que les différents propriétaires ne sont pas disposés à les rendre. Les frères Moussoulens, seigneurs du voisinage, entreprennent un jour de marcher sur l’abbaye avec une véritable armée de 500 hommes. Ils la détruisent intégralement alors même que l’abbesse et les soeurs commençaient à la reconstruire. De drame en drame, Cécile de Noé passe la main à sa coadjutrice, Elizabeth de Lévis fille du marquis de Mirepoix. Celle-ci est bien la digne élève de Cécile. Encore plus entêtée, plus relationnée, appuyée aussi , elle finit par gagner se procès mais elle est assassinée à 39 ans, le 13 juin 1671, au pas de la Roque ou " pas de Madame " sur l’actuelle commune de Villars- en -val. L’assassin en fut sans doute le seigneur même de cette localité, Marc-Antoine du Ferrier. A compter de cette date, les religieuses vont résider dans la Cité de Carcassonne et leur couvent se nommera Rieunette, du nom de leur chère abbaye détruite. En 1761, les biens sont définitivement transférés au monastère de Lombez et Rieunette est vendue comme bâtiment civil. L’église devient une bergerie et les dépendances une ferme. Exit Rieunette jusqu’à ce jour d’Avril 1998 où tout a recommencé.

Désormais le monastère de Rieunette abrite à nouveau une petite communauté de cinq religieuses qui dépendent de l’Abbaye de Boulaure dans le Gers. Un nouveau cloître a été reconstruit, simple et beau et l’église abbatiale du XII° siècle, ancienne bergerie a retrouvé son rôle initial. Une belle histoire non ? Le monastère se visite hors des offices et les religieuses qui vivent désormais à l’année sur leur propriété offrent à la vente de délicieux produits de leur terroir.

Bibliographie : l’excellente plaquette de jean BLANC (archives départementales de l’Aude) d’où sont extraits la plupart des renseignements de cette page. On peut l’acheter à l’abbaye.


Contact : 04-68-69-40-71 (SE RENSEIGNER)

Cartographie :

 Carte IGN Série orange 1/50.000° : 2346
 Carte IGN France Grand Tourisme 1/250.000° :N° 114
 Carte IGN Série verte 1/100.000° : N°72
 Carte routière Michelin 1/200.000° : N° 86

Liens : www.cathares.org


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